Le cours du gaz naturel

Les fournisseurs de gaz naturel s’approvisionnent sur le marché spot divisé en deux marchés : le marché de gré à gré (contrat d’approvisionnement de long terme avec les producteurs) ou les marchés organisés de gaz naturel (bourses de l’énergie comme Power Next France).

La plupart des transactions se font sur le marché de gré à gré : les contrats de long terme permettent aux fournisseurs de sécuriser leur approvisionnement tout en payant un prix stable. En revanche, sur les marchés organisés, les prix sont très volatiles, ce qui ne permet pas au fournisseur d’avoir une visibilité de long terme sur leurs coûts d’approvisionnement.

Contrats gré à gré : les déterminants du prix du gaz naturel 

Les fournisseurs de gaz naturel passent de contrats de long terme, pouvant s’étaler sur quinze à vint-cinq ans avec des producteurs tels qu’Eni, Gazprom, Statoil et Sonatrach. Les prix sont encadrés mais pas fixes : les contrats de long terme de gaz naturel sont indexés sur les prix du pétrole, les prix spot du gaz naturel sur les marchés organisés et la parité euro-dollar. 

l'indexation du cours du gaz naturel sur celui du pétrole 

C'est une indexation historique : ces énergies furent toujours considerées comme des substituts partiels étant issus des mêmes champs pétroliers. D'autre part, le marché du pétrole est mieux interconnecté que celui du gaz naturel, surtout en Europe où le couplage de quelques marchés nationaux de gaz naturel est encore en procès; l'or noir est ainsi soulevé plus facilement au rang de commodité de référence. 

la parité euro/dollar

La parité de l'euro avec la divise de reférence impacte les achats de gaz naturel des fournisseurs français. Le gaz naturel est vendu en dollars, et lorsque l'euro s'apprécie vis-à-vis de cette monnaie, les transactions coûtent moins cher. 

Le prix du gaz naturel sur la bourse Powernext Gas

En France, les échanges sur le marché de gros de gaz naturel ont lieu à des points virtuels du réseau de transports. Ces points d’échanges de gaz (PEG) existent dans chacune des zones d’équilibrage du réseau français : PEG Nord, PEG Sud situés sur le réseau de transport de GRTgaz et le PEG Sud Ouest situé virtuellement sur le réseau de transport de TIGF.

Dans l’observatoire des marchés de gros de gaz naturel au troisième trimestre de 2013, la CRE publie les prix intra-journalier (« intraday ») sur le marché français entre avril et septembre 2013. 

Les prix sur le marché PEG Nord (le marché le plus liquide) se maintiennent relativement stables dans une fourchette comprise entre 25.5€/MWh et 27.7€/MWh. Les cours du PEG SUD et PEG TIGF sont plus variables que ceux du PEG Nord et se maintiennent dans une fourchette de prix plus élevée (entre 41€/MWh et 29€/MWh).

L’impact du coût d'approvisionnement sur le prix de vente du gaz naturel en France

Il est difficile d’estimer l’impact du coût d’approvisionnement sur le prix de la vente puisqu’entrent en considération d’autres facteurs tels que les coûts d’acheminements ou les taxes.  La part d’imposition fiscale de la facture des foyers a augmenté : la TVA est passé de 19.6% à 20%, et, a été introduite en 2014 une nouvelle taxe pour la consommation des particuliers, la TICGN à 1,41€ le MWh. Les coûts d’acheminent se maintiennent stables et représentent 28% de la facture de gaz. En somme, une baisse des prix du gaz sur les marchés de gros pourrait contrecarrer la hausse des taxes.

Le gaz de schiste américain

Une baisse du cours du gaz naturel pourrait se profiler au vu de l’exploitation américaine du gaz de schiste qui renforce l’offre mondiale de gaz tandis que la demande baisse, depuis quelques années, à cause de la crise économique mondial. Mais, l’effet des gaz non conventionnels ne pourra se faire sentir que lorsque les marchés seront mieux interconnectés ou que les contrats de gré à gré avec des producteurs américains seront conclus.

Une utilisation plus fréquente du charbon

Les prix de charbon très attractifs en Europe incitent à une utilisation plus importante de cette ressource pour la production d’électricité à partir de centrales de charbon plutôt qu’à partir de centrales à gaz.